Le refus de se soumettre à un dépistage d’alcool ou de stupéfiants expose le prévenu à des sanctions très lourdes, équivalentes (théoriquement) voire supérieures (dans la pratique judiciaire) à celles encourues en cas de conduite sous alcool ou stupéfiants.
Mais attention : refuser un dépistage ne signifie pas refuser n’importe quel test.
Un arrêt récent de la Cour de cassation du 16 décembre 2025 est venu rappeler les éléments constitutifs de l’infraction.
Dans cet article, on fait le point complet, clair et stratégique.
1. Qu’est-ce que le refus de se soumettre ? (alcool et stupéfiants)
Le refus de se soumettre est prévu par :
- article L.234-8 du code de la route (alcool)
- article L.235-3 du code de la route (stupéfiants)
Il s’agit du fait, pour un conducteur, de refuser de se soumettre aux vérifications destinées à établir :
- son état alcoolique
- ou l’usage de stupéfiants
Concrètement, cela vise :
- refus de souffler dans un éthylomètre
- refus d’un prélèvement salivaire ou d’un prélèvement sanguin
Une infraction autonome
Le point essentiel est le suivant : le refus est une infraction en soi.
Il n’est pas nécessaire d’être alcoolisé ou sous stupéfiants pour être condamné.
2. Ce que le refus de se soumettre n’est pas
C’est un point fondamental pour la défense.
Dépistage ≠ vérification
Il faut donc distinguer :
- le dépistage (souvent préalable)
- la vérification (preuve légale)
Exemple :
- souffler dans un ballon ou éthylotest (dépistage)
- éthylomètre (preuve)
En matière de stupéfiants :
- test salivaire (dépistage)
- prélèvement salivaire ou sanguin (preuve)
Refuser un dépistage n’est donc pas constitutif d’une infraction. Ainsi, s’agissant des stupéfiants par exemple, la jurisprudence rappelle souvent que le délit de refus de se soumettre n’est pas constitué lorsque les procès-verbaux constatent uniquement un refus de se soumettre aux épreuves de dépistage, sans indiquer que le prévenu a été invité à se soumettre aux vérifications par analyses ou examens médicaux, cliniques ou biologiques.
Toute la stratégie de défense peut reposer sur cette distinction.
3. Les sanctions du refus de se soumettre
Le refus est un délit routier.
Sanctions principales :
- jusqu’à 2 ans d’emprisonnement
- 4 500 € d’amende
- retrait de 6 points
Peines complémentaires possibles :
- suspension ou annulation du permis
- stage
- confiscation du véhicule
En pratique, les juridictions sanctionnent souvent plus sévèrement le refus que l’infraction de conduite sous l’empire d’un état alcoolique.

4. La jurisprudence clé : arrêt du 16 décembre 2025 (Cour de cassation)
La cour d’appel avait relaxé un prévenu en considérant qu’il n’avait pas été informé que son refus constituait un délit.
La Cour de cassation, dans un arrêt en date du 16 décembre 2025 (Crim, 16 décembre 2025, n° 25-80.933), casse cette décision et affirme clairement que l’information du conducteur sur les conséquences pénales du refus n’est pas une condition de l’infraction.
Autrement dit, les forces de l’ordre n’ont pas l’obligation d’informer que le refus est un délit.
L’infraction est constituée dès le refus.
5. Une précision essentielle : l’élément intentionnel
La Cour rappelle un principe fondamental basé sur l’article 121-3 du code pénal.
L’infraction suppose une intention coupable
Cela signifie :
- le conducteur doit avoir conscience de refuser
- mais pas nécessairement connaître les conséquences pénales
C’est une nuance essentielle en défense.
6. Les points clés pour contester un refus de se soumettre
Même si la jurisprudence 2025 est stricte, des axes de défense existent.
Nature du test proposé :
- dépistage ou vérification
- test obligatoire ou non
Conditions du refus :
- refus clair ou ambigu
- incompréhension
- problème de langue
Capacité du conducteur :
- état de stress
- état de santé
- confusion
Procédure :
- mentions du procès-verbal
- cohérence des horaires
- respect des formalités
Ces éléments peuvent remettre en cause la validité de l’infraction.
7. Adopter la bonne stratégie de défense
Le refus de se soumettre repose sur une logique particulière :
- il repose sur un comportement
- il ne repose pas sur une preuve scientifique
- il ouvre un débat juridique important
Contrairement à un taux d’alcool, tout se joue sur :
- la procédure
- les déclarations
- l’interprétation
8. Questions fréquentes (FAQ)
Refuser de souffler est-il toujours un délit ?
Oui, si cela concerne une vérification obligatoire, le refus constitue un délit.
Les policiers ou gendarmes doivent-ils prévenir que c’est un délit ?
Non, la Cour de cassation a confirmé en 2025 que cette information n’est pas obligatoire.
Refuser un test salivaire est un délit ?
Non, car il faut distinguer dépistage et vérification. En revanche, le refus de se soumettre aux vérifications par analyses ou examens médicaux, cliniques ou biologiques constitue un délit.
Peut-on contester un refus de se soumettre ?
Oui, notamment sur la procédure et les conditions du refus.
Le refus est-il plus grave que l’alcool au volant ?
En pratique, oui, les juridictions sanctionnent souvent plus sévèrement.
Conclusion
Le refus de se soumettre est une infraction redoutable en droit pénal routier.
La jurisprudence de 2025 renforce la position de l’accusation, mais laisse subsister des leviers importants pour la défense.
L’analyse du dossier est essentielle, car tout se joue sur la procédure et l’intention.
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